1 · CANCER
Un cancer sur huit dans le monde est attribuable à une infection
Mardi 29 septembre 2026 · 5 sources · 14 min de lecture
2,3 M
nouveaux cancers liés à une infection
12 %
de tous les cancers en 2024
42 %
des cas en Asie de l'Est
CE QUI S'EST PASSÉ
Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l'agence de l'OMS basée à Lyon, a publié le 29 septembre dans The Lancet Oncology une estimation mondiale des cancers causés par des infections. À partir de la base mondiale GLOBOCAN, ses chercheurs ont calculé la part des nouveaux cas de 2024 attribuable à 12 agents infectieux reconnus cancérogènes : environ 2,3 millions de cas, soit 12 % de tous les cancers. En tête : la bactérie Helicobacter pylori (760 000 cas, surtout des cancers de l'estomac), les papillomavirus ou HPV (750 000), le virus de l'hépatite B (360 000), le virus d'Epstein-Barr (260 000) et celui de l'hépatite C (160 000). L'Asie de l'Est concentre 990 000 cas, soit 42 % du total. L'Afrique subsaharienne a un taux supérieur à la moyenne mondiale : 28,5 cas pour 100 000 habitants, contre 22,7 ; certaines reprises de presse ont présenté ce chiffre comme un pourcentage, ce qu'il n'est pas.
Comment une infection peut-elle mener à un cancer ?
Les auteurs citent des moyens dont l'efficacité est démontrée mais qu'ils jugent sous-utilisés : vaccination contre le HPV et l'hépatite B, dépistage et traitement du VIH, de H. pylori et des hépatites B et C, sécurité des injections, préservatifs et prophylaxie pré-exposition (PrEP), dépistage des lésions précancéreuses du col de l'utérus et de l'anus. L'étude n'a reçu aucun financement spécifique ; les auteurs ne déclarent aucun conflit d'intérêts.
- 1Certains microbes installent une infection qui dure des années. L'inflammation chronique, ou l'ADN du virus inséré dans nos cellules, finit parfois par dérégler leur multiplication.
- 2Être infecté ne veut pas dire avoir un cancer : la grande majorité des personnes porteuses de HPV ou de H. pylori n'en développeront jamais.
- 3Le chiffre de 2,3 millions n'est pas un comptage de malades mais une fraction attribuable : une estimation de la part des cancers qui n'auraient pas eu lieu sans l'infection. C'est un calcul, avec ses marges d'incertitude.
LES POINTS DE VUE
« Le paysage des cancers liés aux infections continue d'évoluer à mesure que les connaissances scientifiques progressent »
CIRC, coauteur de l'étude · franceinfo avec AFP
Les auteurs citent des moyens dont l'efficacité est démontrée mais qu'ils jugent sous-utilisés : vaccination contre le HPV et l'hépatite B, dépistage et traitement du VIH, de H. pylori et des hépatites B et C, sécurité des injections, préservatifs et prophylaxie pré-exposition (PrEP), dépistage des lésions précancéreuses du col de l'utérus et de l'anus. L'étude n'a reçu aucun financement spécifique ; les auteurs ne déclarent aucun conflit d'intérêts.
conclusion de l'article · PubMed
CE QUE ÇA CHANGE
Rien de nouveau à inventer, dès aujourd'hui : les vaccins contre le HPV et l'hépatite B, le dépistage du cancer du col et les traitements des hépatites existent déjà.
ET APRÈS ?
- 1
Les auteurs estiment que ces chiffres doivent orienter la recherche de nouveaux outils de prévention, en particulier contre le virus d'Epstein-Barr, pour lequel il n'existe pas encore de vaccin autorisé
