Lundi 26 octobre 2026 · 3 sujets · 10 min de lecture

Éclairage Économie

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LUNDI 26 OCTOBRE 2026 Éclairage ÉCONOMIE
L'économie vous paraît opaque ? On reprend depuis le début.
Une entreprise, un secteur, un chiffre : le contexte, les faits et les différents points de vue.
Chaque jour, un nouvel éclairage sur ce qui crée de la valeur, de la tech à l'industrie.
EN 30 SECONDES
→American Express : 5 % des postes supprimés, 336 M$ de charge, prévision de bénéfice relevée.
→Wall Street : le Dow perd 1,2 % vendredi, le rendement à 10 ans américain atteint 4,99 %.
→SpaceX : des discussions sur 80 000 pylônes font reculer AT&T et T-Mobile.
Façade de l'American Express Company Building, au 65 Broadway à New York (illustration)
1 · ENTREPRISES
American Express : 5 % des postes supprimés pour préparer l'IA
5 %
des effectifs mondiaux
concernés
 
336 M$
charge de restructuration
avant impôt
 
3 800
postes environ,
estimation sur 77 000 salariés

Ce qui s'est passé. Vendredi 23 octobre, en publiant ses résultats du troisième trimestre, American Express a annoncé la suppression d'environ 5 % de ses effectifs mondiaux, a indiqué son PDG Stephen Squeri aux analystes. Le groupe comptait près de 77 000 salariés fin 2025 (76 800 selon Upside24), ce qui représente environ 3 800 postes, un calcul de la presse et non un chiffre publié par l'entreprise. Il comptabilise une charge de restructuration de 336 millions de dollars avant impôt, financée en partie par la plus-value de 982 millions de dollars tirée de la vente de sa participation dans Global Business Travel Group. Sur le trimestre, le chiffre d'affaires atteint 20,1 milliards de dollars (+9 %), le bénéfice net 3,7 milliards (+28 %) et le bénéfice par action 5,42 dollars, soit 4,68 dollars hors plus-value (+13 % sur un an). Le groupe relève sa prévision 2026 de bénéfice par action à 18,30-18,60 dollars (17,60-17,90 dollars en ajusté). L'action reculait d'environ 3,7 % vendredi, selon Upside24 ; 3,65 % selon Reuters via Boursorama.

L'ÉCLAIRAGE
Pourquoi supprimer des postes quand les résultats progressent ?
Une charge de restructuration est une dépense comptabilisée d'un coup pour réorganiser l'entreprise (indemnités, départs). Elle pèse sur le bénéfice de l'année, d'où l'écart entre le bénéfice par action publié (5,42 $) et le bénéfice ajusté (4,68 $), qui retire la plus-value de la vente de GBTG. Le directeur financier explique la logique : réduire d'abord les niveaux hiérarchiques et élargir le nombre de personnes suivies par chaque responsable (spans of control), pour pouvoir ensuite automatiser. Selon Upside24, ni le communiqué ni le rapport trimestriel ne chiffrent les économies attendues ni le calendrier des départs.
LES POINTS DE VUE
ENTREPRISE Christophe Le Caillec directeur financier, à CNBC
Il dit que la restructuration vise à rendre American Express « leaner, more agile, and also to prepare for AI » (plus léger, plus agile, et préparé à l'IA), selon HR Reporter.
Source : HR Reporter →
ENTREPRISE Stephen Squeri PDG, communiqué du 23 octobre
« We had another strong quarter, delivering 9 percent revenue growth and EPS of $5.42, or $4.68 adjusted, up 13 percent year-over-year. » (Un autre bon trimestre : 9 % de croissance du chiffre d'affaires et un bénéfice par action de 5,42 $, ou 4,68 $ ajusté, en hausse de 13 %.)
Source : American Express, dépôt SEC →
Salariés, syndicats : pas de réaction relevée dans les sources consultées
CE QUE ÇA CHANGE
Pour les salariés, environ 5 % des postes sont concernés dans le monde, sans répartition par pays ni calendrier publiés (Upside24). Pour l'entreprise, la charge de 336 millions de dollars pèse sur le trimestre, alors que l'objectif de bénéfice par action 2026 est relevé. Pour le secteur, HR Reporter, qui reprend CNBC, rapporte que les banques et autres acteurs de la finance cherchent à confier des tâches répétitives à l'automatisation.

ET APRÈS ?
L'entreprise n'a pas détaillé le calendrier des départs, selon Upside24.
Le parquet de la Bourse de New York (NYSE), avec ses écrans de cotation (illustration)
2 · MARCHÉS
Wall Street : le Dow recule de 1,2 % vendredi, la semaine reste mitigée
52 215
points, clôture
du Dow Jones
 
+0,4 %
Dow Jones
sur la semaine
 
-0,7 %
Nasdaq
sur la semaine

Ce qui s'est passé. Vendredi 23 octobre, le Dow Jones a perdu 652,82 points (-1,2 %) à 52 215,16, le S&P 500 a reculé de 0,5 % à 7 623,68 et le Nasdaq composite de 0,2 % à 25 955,34, selon l'AP. Sur la semaine, le S&P 500 cède 0,5 % et le Nasdaq 0,7 %, tandis que le Dow gagne 0,4 %, soutenu par les valeurs défensives, d'après Reuters. L'AP attribue la baisse à la pression de la hausse du pétrole : le Brent a gagné 3,1 % au-dessus de 116 dollars le baril. Reuters ajoute que le Nasdaq a pâti de l'inquiétude sur le coût de financement des investissements dans l'IA, après sa plus forte baisse quotidienne depuis juin la veille. Le rendement du bon du Trésor à dix ans est monté à 4,99 % selon l'AP (5,00 % selon Reuters). D'après les contrats à terme compilés par LSEG, les marchés donnent 81 % de probabilité à une hausse des taux de la Réserve fédérale (Fed) en décembre. Alphabet, Microsoft et Amazon publient leurs résultats la semaine prochaine.

L'ÉCLAIRAGE
Pourquoi un baril plus cher pèse sur les actions et sur les taux ?
Un pétrole plus cher renchérit le transport, la production et une grande partie de l'industrie. Cela fait craindre que l'inflation s'installe, ce qui peut conduire les banques centrales à garder des taux élevés plus longtemps, selon HurBra. Le rendement d'une obligation d'État, c'est le taux annuel que l'État paie pour emprunter : quand il monte, emprunter coûte plus cher aux entreprises aussi, et les placements sans risque deviennent plus attractifs face aux actions. Le Dow Jones regroupe 30 grandes entreprises américaines, le S&P 500 en regroupe 500, le Nasdaq est surtout composé de valeurs technologiques : c'est pourquoi ils ne bougent pas toujours ensemble.
LES POINTS DE VUE
ANALYSTES Kristina Hooper Man Group, citée par Reuters
« Les remous liés aux interrogations sur le secteur de l'IA se font encore sentir. » Elle juge que les dépenses dans les centres de données pourraient être inférieures aux prévisions l'an prochain.
Source : Reuters via Boursorama →
Fed, entreprises du secteur de l'IA : pas de réaction relevée dans les sources consultées
CE QUE ÇA CHANGE
Pour les épargnants et les entreprises, des rendements à 5 % renchérissent le crédit. Pour les entreprises de l'IA, les résultats d'Alphabet, Microsoft et Amazon, dont les projets d'investissement seront suivis de près selon Reuters, donneront une indication sur le rythme des dépenses. Pour le secteur de l'énergie, l'indice sectoriel a gagné 2,51 % vendredi (Reuters).

ET APRÈS ?
Les trois géants du numérique publient leurs résultats cette semaine ; la BCE décide jeudi 29 octobre à 14h15 et l'Insee publie l'inflation d'octobre vendredi 30.
Vue aérienne d'un pylône de téléphonie mobile et de ses antennes, au milieu d'un champ (illustration)
3 · TECH
SpaceX : des discussions sur des pylônes font chuter AT&T et T-Mobile
80 000
sites de pylônes visés,
selon Bloomberg
 
-7,7 %
T-Mobile US
vendredi
 
+8,7 %
Crown Castle,
propriétaire de pylônes

Ce qui s'est passé. Jeudi 22 octobre, Bloomberg a rapporté, selon des sources proches du dossier, que SpaceX discute avec au moins un grand propriétaire de pylônes pour accéder à au moins 80 000 sites aux États-Unis, afin de bâtir un quatrième opérateur mobile national. Reuters indique que SpaceX était en négociations avec Crown Castle. Il s'agit de discussions, pas d'un accord confirmé. Plus tôt en octobre, SpaceX avait déjà accepté d'acquérir des licences de fréquences 800 MHz sur tout le territoire américain pour son offre Starlink Mobile, selon 24/7 Wall St. Vendredi 23 octobre, selon Reuters via Boursorama, AT&T a perdu 8,06 %, T-Mobile US 7,71 % et Verizon 1,24 %, tandis que Crown Castle gagnait 8,71 %. Le Motley Fool cite des mouvements proches en milieu de séance (AT&T -7,96 %, American Tower +4,08 %). Starlink compte plus de 13,6 millions d'abonnés dans le monde, selon 24/7 Wall St.

L'ÉCLAIRAGE
Pourquoi les propriétaires de pylônes gagnent quand les opérateurs perdent ?
Un opérateur comme AT&T, Verizon ou T-Mobile ne possède pas toujours ses pylônes : il loue de la place à des sociétés spécialisées, comme Crown Castle ou American Tower, qui touchent un loyer. Un nouvel opérateur qui louerait des sites ajouterait un locataire, donc des revenus pour ces propriétaires, mais un concurrent pour les trois opérateurs en place, qui se partagent déjà les abonnés. C'est ce que décrit 24/7 Wall St. : les trois titres reculent ensemble. Pour un opérateur, les fréquences (les ondes radio utilisées) et les sites (où poser les antennes) sont les deux ressources indispensables.
LES POINTS DE VUE
ENTREPRISE Dan Schulman PDG de Verizon, cité par 24/7 Wall St.
« It is basically not possible because of physics, not because of execution but because of physics for satellite to effectively compete against the terrestrial network in either mobility or broadband in urban and suburban geographies. » (Pour lui, un satellite ne peut pas concurrencer efficacement le réseau terrestre en ville et en banlieue.)
Source : The Motley Fool →
ENTREPRISE John Stankey PDG d'AT&T, cité par 24/7 Wall St.
« I wouldn't over rotate on what I would call one carrier of low band spectrum. » (Il ne faut pas surréagir à un opérateur disposant de fréquences basses.)
Source : The Motley Fool →
SpaceX, Crown Castle, régulateur : pas de réaction relevée dans les sources consultées
CE QUE ÇA CHANGE
Pour les opérateurs en place, un concurrent disposant de fréquences et de sites élargirait la concurrence sur les forfaits et les abonnés. Pour les propriétaires de pylônes, un locataire supplémentaire signifierait des loyers de plus. Pour les clients, aucun changement à ce stade : les discussions n'ont pas abouti à un accord public.

ET APRÈS ?
Aucune échéance n'est annoncée dans les sources consultées ; Reuters et Bloomberg décrivent des négociations en cours.
EN BREF
Johnson & Johnson : Smith & Nephew a négocié une fusion avec sa division orthopédie. Selon le Financial Times, repris par Reuters, les discussions ont échoué sur la direction de la société issue de la fusion. L'action Smith & Nephew gagnait 1,74 % à Londres vendredi. Source unique : Reuters via Boursorama
Microsoft : une étude sur un outil d'IA de diagnostic. Des chercheurs du groupe affirment, dans une étude publiée jeudi dans la revue Science, qu'un outil capable de poser un diagnostic étape par étape s'est révélé plus de deux fois plus précis que des médecins généralistes sur des cas médicaux complexes. Source unique : Reuters via Boursorama
LE CHIFFRE DU JOUR
4,99 %
C'est le rendement du bon du Trésor américain à dix ans à la clôture de vendredi 23 octobre, selon l'AP (5,00 % selon Reuters). Concrètement, l'État américain paie environ 5 dollars par an pour emprunter 100 dollars pendant dix ans. Ce taux sert de référence pour de nombreux crédits : quand il monte, emprunter coûte plus cher aux entreprises et aux ménages.
À VENIR
MAR. 27Moral des ménages en octobre (Insee, 8h45). Résultats du troisième trimestre d'Orange et de Saint-Gobain (18h).
MER. 28Résultats de BNP Paribas, Stellantis et Danone (7h30) ; Dassault Systèmes publie aussi ses résultats.
JEU. 29Décision de politique monétaire de la BCE à 14h15, conférence de presse à 14h45. Résultats de TotalEnergies, Société Générale et Axa ; chiffre d'affaires de Renault.
VEN. 30Insee : première estimation du PIB du troisième trimestre (7h30), consommation des ménages en septembre et inflation provisoire d'octobre (8h45). Résultats de Crédit Agricole et de Sanofi.
VRAI OU FAUX ?
Vendredi 23 octobre 2026, American Express a annoncé supprimer environ 10 % de ses effectifs mondiaux.
Réponse : Faux. American Express a annoncé la suppression d'environ 5 % de ses effectifs mondiaux, soit environ 3 800 postes selon un calcul de la presse sur 77 000 salariés.
LE LEXIQUE DU JOUR
Charge de restructuration
Dépense comptabilisée en une fois pour réorganiser une entreprise (départs, fermetures). Elle réduit le bénéfice publié de la période.
Bénéfice par action ajusté
Bénéfice divisé par le nombre d'actions, après retrait d'éléments exceptionnels, comme la plus-value d'une cession.
Rendement d'une obligation
Taux annuel que paie un État ou une entreprise pour emprunter. Quand le prix de l'obligation baisse, le rendement monte.
Propriétaire de pylônes
Société qui possède des pylônes et des sites d'antennes et les loue aux opérateurs mobiles.
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Photos : Wikimedia Commons.

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