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1 · SANTÉ PUBLIQUE

aGLP-1 : l'ANSM alerte sur le mésusage et des interactions

Jeudi 8 octobre 2026 · 2 sources · 8 min de lecture

Stylo injecteur d'Ozempic (sémaglutide), l'un des aGLP-1 suivis par l'ANSM
Stylo injecteur d'Ozempic (sémaglutide), l'un des aGLP-1 suivis par l'ANSM© HualinXMN · CC BY-SA 4.0

840 000

patients traités en France

2 801

cas d'effets indésirables dont 515 graves

36

signalements de mésusage dont 17 graves

CE QUI S'EST PASSÉ

Le 7 octobre 2026, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a publié le troisième rapport de pharmacovigilance sur les analogues du GLP-1 (aGLP-1), des médicaments contre le diabète de type 2 et l'obésité comme Ozempic, Wegovy ou Mounjaro. Le rapport, préparé par le réseau des centres régionaux de pharmacovigilance, couvre la période de février 2025 à janvier 2026. Il estime à plus de 840 000 le nombre de patients traités en France et recense 2 801 cas d'effets indésirables, dont 515 graves. Il relève 36 signalements de mésusage pour perdre du poids, dont 17 graves : les personnes concernées sont surtout jeunes, dans deux cas sur trois le médicament a été obtenu hors des circuits officiels (internet, entourage, étranger) et, dans plus de neuf cas sur dix, les doses étaient trop élevées ou augmentées trop vite. Le rapport met aussi en évidence un risque d'interactions avec d'autres médicaments, lié au ralentissement de la vidange de l'estomac, notamment avec des anticoagulants, la metformine (risque d'acidose lactique en cas de déshydratation, deux décès possiblement liés) et les contraceptifs oraux, dont l'Agence européenne des médicaments évalue l'efficacité potentiellement diminuée. L'ANSM confirme un rapport bénéfice/risque favorable lorsque ces médicaments sont utilisés conformément aux recommandations.

L'ÉCLAIRAGE

Que mesure un rapport de pharmacovigilance ?

La pharmacovigilance collecte les effets indésirables que des soignants ou des patients signalent après la mise sur le marché d'un médicament. Elle repère des signaux : un effet qui revient, une interaction inattendue. Elle ne mesure pas la fréquence réelle d'un effet, car tout n'est pas signalé, et elle ne prouve pas qu'un médicament est la cause d'un cas : c'est pourquoi l'ANSM parle de décès « possiblement liés ». Les 2 801 cas ne sont donc pas un taux d'accidents parmi les 840 000 patients. Le mésusage désigne un usage qui sort du cadre prévu : sans ordonnance, sans suivi, avec des doses inadaptées. Elle écrit que ces résultats confirment « le rapport bénéfice/risque favorable des aGLP-1 lorsqu'ils sont utilisés conformément aux recommandations » et demande aux professionnels de santé « une vigilance accrue » sur les interactions.

LES POINTS DE VUE

CE QUE ÇA CHANGE

Pour les patients traités, le rapport rappelle que ces médicaments s'obtiennent sur ordonnance, en pharmacie, jamais sur internet. Pour les soignants, il demande une surveillance renforcée des interactions.

ET APRÈS ?

  1. 1

    L'Agence européenne des médicaments évalue si les aGLP-1 peuvent réduire l'efficacité des contraceptifs oraux

  2. 2

    Aucune date de conclusion n'est annoncée dans les sources consultées

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