2 · NEUROSCIENCES
AVC : le loberamisal améliore la récupération à 90 jours dans un essai de phase 3
Vendredi 16 octobre 2026 · 4 sources · 9 min de lecture
998
patients inclus dans 32 hôpitaux
69,7 %
sans handicap significatif à 90 jours (placebo : 56,3 %)
1,24
risque relatif IC 95 % : 1,12 à 1,36
CE QUI S'EST PASSÉ
Publié en ligne le 10 septembre dans JAMA (équipe de l'hôpital Tiantan de Pékin, premier auteur Shuya Li) et commenté en France depuis le 14 octobre, l'essai LAIS testait le loberamisal, une petite molécule qui agit sur deux cibles (la voie PSD-95 et le récepteur GABA-A α2), contre placebo. Il a inclus 998 adultes de 18 à 80 ans victimes d'un AVC ischémique (par caillot), pris en charge dans les 48 heures, entre juillet et décembre 2024. Chacun a reçu, en plus des soins habituels, 40 mg de loberamisal ou un placebo par voie intraveineuse une fois par jour pendant 10 jours. Au critère principal, un score de 0 ou 1 à l'échelle de Rankin modifiée à 90 jours, 69,7 % des patients du groupe loberamisal (350 sur 502) sont dans ce cas, contre 56,3 % sous placebo (279 sur 495), soit 13,3 points d'écart (IC 95 % : 7,2 à 19,3). Les effets indésirables sont aussi fréquents dans les deux groupes (87,8 % contre 88,7 %) ; les événements graves touchent 8,6 % contre 10,7 % des patients, et la mortalité 1,2 % contre 2,0 %. Le financeur n'est pas indiqué dans les sources consultées.
Que veut dire « sans handicap significatif » ?
L'échelle de Rankin modifiée note l'autonomie après un AVC, de 0 (aucun symptôme) à 6 (décès). Un score de 0 ou 1 signifie l'absence de handicap significatif. Un neuroprotecteur est un médicament censé limiter les dégâts sur les cellules du cerveau pendant et après l'AVC. Un essai randomisé en double aveugle est le type d'essai le plus solide pour comparer un traitement à un placebo, car ni les patients ni les soignants ne savent qui reçoit quoi. Ses limites ici : un seul essai, mené uniquement en Chine, sans les patients traités par thrombectomie (retrait mécanique du caillot) et avec peu de cas très légers ou très sévères. Certains critères secondaires, comme l'amélioration précoce du score de gravité de l'AVC, n'ont pas montré de différence nette.
LES POINTS DE VUE
CE QUE ÇA CHANGE
Rien pour l'instant : le loberamisal est un médicament expérimental, et aucune demande d'autorisation n'est mentionnée dans les sources consultées. La prise en charge d'un AVC reste celle des équipes spécialisées, à appeler sans attendre en cas de symptômes.
ET APRÈS ?
- 1
Un essai de confirmation, idéalement hors de Chine et chez des patients plus variés, puis l'examen par les autorités du médicament avant toute autorisation
- 2
Les auteurs écrivent que d'autres études sont nécessaires
