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1 · TRAITEMENT

Dialyse en réanimation : plus de décès avec l'hémodialyse intermittente

Mercredi 21 octobre 2026 · 4 sources · 11 min de lecture

Machine de dialyse à côté d'un lit en réanimation (illustration)
Machine de dialyse à côté d'un lit en réanimation (illustration)© Pittigrilli · CC BY-SA 4.0

63 %

décès à 90 jours, dialyse intermittente

54 %

décès à 90 jours, dialyse continue

535

patients, 42 services de réanimation

CE QUI S'EST PASSÉ

Le 14 octobre, le New England Journal of Medicine a publié l'essai français ICRAKI, mené par le Pr Stéphane Gaudry (hôpital Avicenne, AP-HP) dans 42 services de réanimation. Il compare deux façons de remplacer les reins chez des adultes en réanimation atteints d'insuffisance rénale aiguë : l'hémodialyse intermittente (260 patients, séances de quelques heures) et l'épuration extra-rénale continue (275 patients, 24 heures sur 24). Le critère principal est un événement rénal majeur à 90 jours (décès, dépendance à la dialyse ou créatinine restée au moins 25 % au-dessus de la valeur de départ) : 78,1 % avec l'hémodialyse intermittente, 71,6 % avec la technique continue, sans que la première soit démontrée « non inférieure ». La mortalité à 90 jours est de 63,1 % contre 53,5 % (rapport de risque 1,3 ; intervalle de confiance à 95 % : 1,04 à 1,63). L'essai a été arrêté plus tôt que prévu après un signal de surmortalité. Les complications les plus fréquentes sont l'hypotension et la baisse des plaquettes. Le communiqué de l'AP-HP compte 554 patients, le rapport rapporté par Healio 535 : on retient le second, qui détaille les deux groupes.

L'ÉCLAIRAGE

Dialyse intermittente ou continue : de quoi parle-t-on ?

L'insuffisance rénale aiguë. Chez un patient très malade, les reins cessent brutalement de filtrer le sang. Une machine prend alors le relais. Deux façons de faire. Soit des séances de quatre à six heures, soit un filtrage lent et permanent, jour et nuit (AP-HP). Ce que prouve cet essai. Le tirage au sort rend les deux groupes comparables, donc l'écart de mortalité n'est pas un hasard de recrutement. Limites : un essai arrêté plus tôt peut exagérer l'effet, les auteurs n'expliquent pas pourquoi l'écart existe, et le critère principal composite ne montre pas de différence nette. Citation originale en anglais : les techniques continues devraient probablement être préférées, au moins les premiers jours après le début de la dialyse. Les auteurs précisent que les résultats doivent éclairer le choix du traitement en réanimation et que d'autres recherches sont nécessaires, notamment sur la récupération rénale.

LES POINTS DE VUE

CE QUE ÇA CHANGE

Pour les équipes de réanimation, l'essai plaide pour privilégier la technique continue au début de la dialyse. Il ne dit pas ce qu'il faut faire après les premiers jours. Le choix reste une décision de l'équipe soignante.

ET APRÈS ?

  1. 1

    Les auteurs appellent à poursuivre les recherches sur la récupération des reins

  2. 2

    Aucune recommandation de société savante ni de la HAS n'est annoncée dans les sources consultées

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