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3 · SANTÉ PUBLIQUE

Cannabis : plus d'hospitalisations cardiaques après la légalisation (États-Unis)

Vendredi 23 octobre 2026 · 3 sources · 10 min de lecture

Façade d'un magasin de cannabis à Denver, dans le Colorado
Façade d'un magasin de cannabis à Denver, dans le Colorado© Jeffrey Beall · CC BY-SA 3.0

50 M

dossiers d'hospitalisation

+ 4 %

insuffisance cardiaque par an

+ 3 %

infarctus par an

CE QUI S'EST PASSÉ

Une analyse publiée dans BMJ Open en octobre 2026 et relayée le 22 octobre compare les admissions à l'hôpital pour causes cardiovasculaires entre la région Ouest des États-Unis, où la vente légale de cannabis récréatif a commencé en janvier 2014, et des régions sans légalisation. Elle s'appuie sur 50 042 564 dossiers de sortie d'hôpital de 2012 à 2018 (National Inpatient Sample). Après la légalisation, les admissions augmentent chaque année d'un peu plus de 2 % pour la fibrillation auriculaire (un trouble du rythme du cœur), de près de 4 % pour l'insuffisance cardiaque aiguë et d'un peu plus de 3 % pour l'infarctus. L'AVC ischémique, la thrombose veineuse et la tachycardie ventriculaire augmentent aussi, sans que ce soit statistiquement significatif. Les chercheurs n'ont pas pu analyser chaque État séparément, savoir comment le cannabis était consommé, ni tenir compte du cannabis illégal.

L'ÉCLAIRAGE

Comment lire ce type d'étude. La méthode dite de « différence de différences » compare l'évolution d'une région qui change de règle à celle de régions qui n'en changent pas. Elle réduit le risque de confondre la légalisation avec une tendance générale, sans l'éliminer. Ce qu'elle ne dit pas. Ce sont des admissions à l'hôpital de toute la population, pas des consommateurs suivis un à un : les sources consultées ne disent pas si les patients admis consommaient du cannabis. Corrélation n'est pas causalité, comme le rappellent les articles. Un recul limité. Les données s'arrêtent en 2018, avant les évolutions récentes des produits et des usages.

Comment lire ce type d'étude. La méthode dite de « différence de différences » compare l'évolution d'une région qui change de règle à celle de régions qui n'en changent pas. Elle réduit le risque de confondre la légalisation avec une tendance générale, sans l'éliminer. Ce qu'elle ne dit pas. Ce sont des admissions à l'hôpital de toute la population, pas des consommateurs suivis un à un : les sources consultées ne disent pas si les patients admis consommaient du cannabis. Corrélation n'est pas causalité, comme le rappellent les articles. Un recul limité. Les données s'arrêtent en 2018, avant les évolutions récentes des produits et des usages. Ils concluent que leurs résultats évoquent des effets négatifs possibles de la légalisation récréative sur la santé de la population, et qu'ils plaident pour une approche prudente des lois de légalisation (traduit de l'anglais).

LES POINTS DE VUE

CE QUE ÇA CHANGE

L'étude alimente le débat sur les effets de la légalisation sur la santé publique, sans permettre de dire qu'un consommateur donné a un risque précis. Pour une personne concernée, la question se pose avec son médecin.

ET APRÈS ?

  1. 1

    D'autres études, par État et avec des données plus récentes, seraient nécessaires pour confirmer ou nuancer ce lien

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