1 · TRAITEMENT
Cancer du côlon : la FDA approuve l'atézolizumab après l'opération
Lundi 12 octobre 2026 · 4 sources · 15 min de lecture
−50 %
de risque de récidive ou de décès
86 %
sans récidive à 3 ans contre 76 %
712
patients inclus dans l'essai ATOMIC
CE QUI S'EST PASSÉ
Le 8 octobre 2026, selon OncLive et CancerNetwork, l'agence américaine des médicaments (FDA) a approuvé l'atézolizumab (Tecentriq), un traitement d'immunothérapie, associé à une chimiothérapie (fluoropyrimidine et oxaliplatine) en traitement après l'opération du cancer du côlon de stade III avec déficit du système de réparation de l'ADN (dMMR). Roche, le fabricant, l'a annoncé le 9 octobre, en précisant qu'il s'agit de la première immunothérapie approuvée dans cette situation. L'approbation repose sur l'essai de phase 3 ATOMIC, publié dans le New England Journal of Medicine : 712 patients selon Roche (680 analysés selon OncLive), répartis au hasard entre chimiothérapie seule et chimiothérapie plus atézolizumab. Le risque de récidive ou de décès est réduit de moitié (rapport de risque 0,50 ; intervalle de confiance à 95 % de 0,35 à 0,73). À 3 ans, 86,3 % des patients du groupe atézolizumab étaient en vie sans récidive, contre 76,2 % avec la chimiothérapie seule. La survie globale n'est pas encore différente entre les groupes (rapport de risque 0,90 ; intervalle de 0,55 à 1,47), et les effets indésirables de grade 3 ou 4 sont plus fréquents avec l'immunothérapie (84,1 % contre 71,9 %).
Ce qu'est un déficit de réparation de l'ADN (dMMR). Quand une cellule se divise, elle copie son ADN et corrige les erreurs. Dans certaines tumeurs, ce système de correction est défaillant : c'est le statut dMMR, repéré par un test sur un échantillon de la tumeur. Ces tumeurs sont souvent bien visibles par le système immunitaire. Ce que fait l'atézolizumab. Ce médicament est un anticorps qui bloque la protéine PD-L1, un « frein » que des cellules tumorales utilisent pour échapper aux défenses de l'organisme. « Après l'opération » (traitement dit adjuvant) vise à éliminer les cellules cancéreuses restantes pour éviter une récidive. Ce que l'essai prouve et ne prouve pas. Un essai randomisé, où le hasard décide qui reçoit quoi, est le meilleur moyen de comparer deux traitements. Ici le critère est la survie sans maladie : c'est un indicateur proche de la guérison, mais pas la même chose que la durée de vie, et l'essai n'a pas encore montré de gain sur celle-ci. L'essai est « ouvert » : patients et médecins savaient qui recevait quoi.
Ce qu'est un déficit de réparation de l'ADN (dMMR). Quand une cellule se divise, elle copie son ADN et corrige les erreurs. Dans certaines tumeurs, ce système de correction est défaillant : c'est le statut dMMR, repéré par un test sur un échantillon de la tumeur. Ces tumeurs sont souvent bien visibles par le système immunitaire. Ce que fait l'atézolizumab. Ce médicament est un anticorps qui bloque la protéine PD-L1, un « frein » que des cellules tumorales utilisent pour échapper aux défenses de l'organisme. « Après l'opération » (traitement dit adjuvant) vise à éliminer les cellules cancéreuses restantes pour éviter une récidive. Ce que l'essai prouve et ne prouve pas. Un essai randomisé, où le hasard décide qui reçoit quoi, est le meilleur moyen de comparer deux traitements. Ici le critère est la survie sans maladie : c'est un indicateur proche de la guérison, mais pas la même chose que la durée de vie, et l'essai n'a pas encore montré de gain sur celle-ci. L'essai est « ouvert » : patients et médecins savaient qui recevait quoi.
LES POINTS DE VUE
« Until now, the adjuvant standard of care for stage III colon cancer has not differed based on mismatch repair status » (jusqu'ici, le traitement standard après l'opération du cancer du côlon de stade III ne dépendait pas du statut de réparation de l'ADN).
Mayo Clinic, investigateur principal aux États-Unis · Roche
« Tecentriq combined with chemotherapy has the potential to become the new standard of care » (Tecentriq associé à la chimiothérapie pourrait devenir le nouveau traitement standard).
Roche · Roche
CE QUE ÇA CHANGE
L'approbation concerne les États-Unis et un type précis de tumeur (stade III, dMMR).
ET APRÈS ?
- 1
Roche indique poursuivre des démarches auprès d'autres autorités, dont l'Agence européenne des médicaments, et des examens sont en cours en Australie, au Canada, en Israël et en Suisse
- 2
Les résultats sur la survie globale, avec un recul plus long, sont attendus
