2 · CHIRURGIE
Prostate : opération ou radiothérapie en 5 séances, 8 ans de suivi
Lundi 12 octobre 2026 · 4 sources · 15 min de lecture
8 %
ont une protection urinaire (vs 48 %)
13
rechutes en tout sur 123 hommes
0
décès par cancer de la prostate
CE QUI S'EST PASSÉ
Fin septembre 2026, lors du congrès de la société américaine de radiothérapie (ASTRO) à Boston, l'équipe de Nicholas van As (Institute of Cancer Research et Royal Marsden, Londres) a présenté les résultats de l'essai PACE-A. Il compare l'ablation chirurgicale de la prostate (prostatectomie) à une radiothérapie stéréotaxique en 5 séances (36,25 grays au total) chez 123 hommes, dont 94,3 % avec un cancer localisé à risque intermédiaire, répartis au hasard. Après 8 ans de suivi médian, 13 rechutes biologiques ou cliniques ont été comptées (5 après radiothérapie, 8 après opération), sans différence statistiquement significative (rapport de risque 0,48 ; intervalle de confiance de 0,16 à 1,46). Aucun décès par cancer de la prostate n'est survenu. À 5 ans, 8,3 % des hommes irradiés portaient au moins une protection urinaire contre 48 % des hommes opérés, et le score de fonction érectile médian était de 19 contre 5 sur une échelle de 25. Selon Healio, le financement de l'essai n'est pas précisé.
Ce qu'est la radiothérapie stéréotaxique (SBRT). Des faisceaux de rayons très précis, croisés sous plusieurs angles, concentrent une forte dose sur la prostate en 5 séances, au lieu des dizaines de séances de la radiothérapie classique. L'opération, elle, retire toute la prostate. Pourquoi les effets secondaires comptent autant. Le cancer de la prostate localisé évolue lentement et peu d'hommes en meurent : van As souligne, dans la présentation, que ces hommes « ne meurent pas du cancer de la prostate » et que les résultats fonctionnels (continence, érection) sont donc décisifs. Ce qu'il ne faut pas conclure. Avec 13 rechutes seulement, l'essai ne peut pas dire qu'une méthode contrôle mieux le cancer que l'autre : « pas de différence significative » ne veut pas dire « équivalent prouvé ». Les résultats viennent d'un résumé de congrès, avant l'examen complet par des pairs, et l'investigateur principal déclare des financements de fabricants d'appareils de radiothérapie (Accuray, Varian).
Ce qu'est la radiothérapie stéréotaxique (SBRT). Des faisceaux de rayons très précis, croisés sous plusieurs angles, concentrent une forte dose sur la prostate en 5 séances, au lieu des dizaines de séances de la radiothérapie classique. L'opération, elle, retire toute la prostate. Pourquoi les effets secondaires comptent autant. Le cancer de la prostate localisé évolue lentement et peu d'hommes en meurent : van As souligne, dans la présentation, que ces hommes « ne meurent pas du cancer de la prostate » et que les résultats fonctionnels (continence, érection) sont donc décisifs. Ce qu'il ne faut pas conclure. Avec 13 rechutes seulement, l'essai ne peut pas dire qu'une méthode contrôle mieux le cancer que l'autre : « pas de différence significative » ne veut pas dire « équivalent prouvé ». Les résultats viennent d'un résumé de congrès, avant l'examen complet par des pairs, et l'investigateur principal déclare des financements de fabricants d'appareils de radiothérapie (Accuray, Varian).
LES POINTS DE VUE
« Both treatments controlled the cancer extremely well, but SBRT offered clear advantages for urinary continence » (les deux traitements ont très bien contrôlé le cancer, mais la radiothérapie a nettement mieux préservé la continence urinaire).
investigateur principal, Institute of Cancer Research et Royal Marsden · The ASCO Post
« The numbers favor SBRT, but there were too few cancer events to conclude that it was superior » (les chiffres vont dans le sens de la radiothérapie, mais il y a trop peu d'événements pour conclure qu'elle est supérieure).
investigateur principal · The ASCO Post
CE QUE ÇA CHANGE
Pour un homme atteint d'un cancer localisé à risque faible ou intermédiaire, ces données montrent que la chirurgie n'est pas la seule option curative, et qu'une radiothérapie en 5 séances donne, à 5 ans, moins de troubles urinaires dans cet essai.
ET APRÈS ?
- 1
Les résultats doivent être publiés dans une revue scientifique, avec la relecture par des pairs
- 2
Un suivi plus long dira si l'écart de rechutes, aujourd'hui non significatif, se confirme
