1 · ÉTUDE
Alzheimer : le test sanguin p-tau217 testé sur 15 612 personnes sans symptômes
Mercredi 14 octobre 2026 · 3 sources · 13 min de lecture

15 612
adultes sans trouble cognitif
106
sites de recherche sur 4 régions
55-80
ans, âge des participants
CE QUI S'EST PASSÉ
Des chercheurs de la Keck School of Medicine de l'Université de Californie du Sud ont publié en ligne le 12 octobre, dans JAMA Neurology, une analyse du taux sanguin de p-tau217 selon l'origine des participants. Elle porte sur 15 612 adultes de 55 à 80 ans sans trouble cognitif, dépistés entre juillet 2020 et octobre 2024 dans 106 sites d'Asie, d'Australie, d'Europe et d'Amérique du Nord, pour l'essai AHEAD 3-45. Le taux de p-tau217 est plus bas chez les participants asiatiques, noirs et hispaniques que chez les participants blancs et non hispaniques. Le lien entre ce taux et la quantité d'amyloïde dans le cerveau, mesurée par TEP, ne diffère pas de façon significative entre groupes raciaux, mais il diffère selon l'ethnicité (hispanique ou non). Le travail est financé en partie par les NIH, par le consortium AHEAD (dont Eisai), l'Alzheimer's Association et la GHR Foundation ; plusieurs auteurs sont affiliés à Eisai et à C2N Diagnostics, selon la liste des affiliations.
Que dit (et ne dit pas) un taux sanguin ?
La maladie d'Alzheimer s'accompagne de dépôts de protéine amyloïde dans le cerveau, que l'on visualise par TEP, un scanner coûteux. Le p-tau217 est une forme de la protéine tau que l'on peut doser dans le sang : l'idée est de l'utiliser comme premier tri, avant de confirmer par TEP. Cette étude est transversale : elle compare des personnes à un instant donné, sans les suivre. Elle ne dit donc pas qui développera la maladie. Elle indique que le taux sanguin n'a pas la même valeur moyenne selon les groupes, et que son lien avec l'amyloïde reste proche entre groupes raciaux, avec une nuance selon l'ethnicité que les auteurs jugent à étudier. Elle ajoute : « This supports the use of blood-based biomarkers as an initial screening tool » (citations en anglais : « cela soutient l'usage de biomarqueurs sanguins comme outil de premier tri »).
LES POINTS DE VUE
CE QUE ÇA CHANGE
Pour l'instant, ces résultats soutiennent l'usage d'un test sanguin comme premier tri dans les essais portant sur des personnes sans symptômes, avant une TEP de confirmation.
ET APRÈS ?
- 1
Les auteurs jugent que les différences liées à l'ethnicité demandent d'autres études
- 2
L'essai AHEAD 3-45, qui teste le lécanémab, se poursuit
