3 · ÉTUDE
Rougeole au Nigeria : un supplément alimentaire gagne 20 points de couverture
Jeudi 15 octobre 2026 · 3 sources · 13 min de lecture
20 pts
de couverture en plus (écart des écarts)
1 604
enfants à l'enquête finale
48 %
des enfants ayant reçu le supplément
CE QUI S'EST PASSÉ
Des équipes de l'Inserm (Bordeaux Population Health), de l'ONG ALIMA et de partenaires nigérians ont publié le 2 octobre dans Nature Medicine l'essai NutriVax-Measles, mené dans l'État de Yobe, au nord du Nigeria. Vingt zones, tirées au sort à parts égales, recevaient soit la vaccination de routine seule, soit la vaccination de routine plus une ration mensuelle de suppléments nutritifs à base de lipides (SQ-LNS), donnée aux enfants de 6 à 23 mois après la séance de vaccination, dans les centres de santé. Le critère principal est la part d'enfants de 12 à 23 mois ayant reçu une première dose de vaccin contre la rougeole, preuve à l'appui sur le carnet, mesurée 12 mois après une première enquête. Sur 1 604 enfants à l'enquête finale (801 témoins, 803 en intervention), les chances d'avoir une première dose vérifiée sont 2,08 fois plus élevées dans le groupe intervention (IC à 95 % de 1,30 à 3,35 ; p = 0,004). La couverture progresse de 20,1 points (IC de 13,7 à 26,5) par rapport au groupe témoin. Seuls 48 % des enfants des zones d'intervention avaient déjà reçu le supplément. Selon l'Inserm, le nombre d'enfants jamais vaccinés a été divisé par deux.
Un essai « en grappes » : on tire au sort des zones, pas des enfants
Le supplément est distribué dans un centre de santé : on ne peut pas le donner à un enfant et pas à son voisin. Les chercheurs ont donc tiré au sort 20 zones entières, ce qui s'appelle un essai en grappes. Le résultat se lit en odds ratio (rapport de chances) : 2,08 signifie que les chances d'avoir une première dose vérifiée sont à peu près doublées. Limites à retenir : l'essai mesure la couverture vaccinale, pas le nombre de cas de rougeole évités ; il compare deux enquêtes à 12 mois d'intervalle, auprès d'enfants différents ; et moins de la moitié des enfants des zones d'intervention avaient reçu le supplément. Elle souligne que ce travail n'aurait pas été possible sans le savoir-faire de la collaboration scientifique internationale. Les auteurs concluent que distribuer le supplément avec la vaccination de routine améliore nettement la couverture, et y voient une stratégie applicable à grande échelle dans des contextes proches. D'après l'Inserm, l'État a inscrit l'approche combinée (supplément et vaccination) dans son plan de financement de cette année.
LES POINTS DE VUE
Elle souligne que ce travail n'aurait pas été possible sans le savoir-faire de la collaboration scientifique internationale. Les auteurs concluent que distribuer le supplément avec la vaccination de routine améliore nettement la couverture, et y voient une stratégie applicable à grande échelle dans des contextes proches.
Bordeaux Population Health et ALIMA, responsable scientifique · Inserm
D'après l'Inserm, l'État a inscrit l'approche combinée (supplément et vaccination) dans son plan de financement de cette année.
autorités locales du Nigeria · Inserm
CE QUE ÇA CHANGE
Pour les enfants de cette région du Nigeria, l'approche est déjà intégrée au financement local. Pour d'autres pays, c'est une piste à confirmer : les coûts et les bénéfices sont encore en cours d'évaluation, selon l'Inserm.
ET APRÈS ?
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Une version adaptée aux nouveaux vaccins contre le paludisme pédiatrique, NutriVax-Malaria, vient de démarrer au Cameroun
