3 · CHIRURGIE
Vessie : un traitement avant l'opération, moins de récidives et de décès
Dimanche 25 octobre 2026 · 4 sources · 11 min de lecture
0,51
rapport de risque de récidive
78 %
en vie à 2 ans (69 %)
45 %
sans cancer à l'opération (10 %)
CE QUI S'EST PASSÉ
Samedi 24 octobre, à l'ESMO, Thomas Powles a présenté l'essai de phase 3 VOLGA, mené par AstraZeneca. Il porte sur 695 patients atteints d'un cancer de la vessie infiltrant le muscle, qui ne pouvaient ou ne voulaient pas recevoir le cisplatine, la chimiothérapie habituelle avant l'opération. Ils ont été tirés au sort (1 pour 1 pour 1) entre trois groupes : durvalumab plus enfortumab vedotin avant la chirurgie, puis durvalumab après (233 patients) ; le même traitement avec un troisième médicament, le trémélimumab (233) ; ou l'ablation de la vessie (cystectomie) d'emblée (229). L'opération a pu être menée chez 85 % des patients du premier groupe contre 78 % du groupe témoin. Au 2 mars 2026, le risque de rechute, de progression ou de décès est plus faible avec le premier schéma (rapport de risque 0,51 ; intervalle de confiance à 95 % de 0,38 à 0,67), tout comme le risque de décès (0,58 ; 0,40 à 0,83). Le triplet réduit la rechute (0,61) mais pas la mortalité de façon significative (0,77 ; p = 0,123). Les effets indésirables de grade 3 ou 4 concernent 64 % des patients du premier groupe contre 44 % du groupe témoin, tous motifs confondus.
Médicaments avant et après la chirurgie
- 1Un cancer de la vessie infiltrant le muscle se traite en général par chimiothérapie puis cystectomie, l'ablation de la vessie. Pour les patients qui ne tolèrent pas le cisplatine, l'opération seule était la référence : c'est le groupe témoin de l'essai.
- 2Ici, les médicaments encadrent l'opération : l'enfortumab vedotin, un anticorps qui transporte une chimiothérapie vers les cellules tumorales, et le durvalumab, une immunothérapie, sont donnés avant ; le durvalumab continue après.
- 3La réponse complète pathologique signifie qu'aucune cellule tumorale n'est retrouvée dans la pièce opératoire : 45 % contre 10 % (évaluation locale). Limite : essai en ouvert, soignants et patients connaissent le traitement, et les effets indésirables graves sont plus fréquents.
LES POINTS DE VUE
CE QUE ÇA CHANGE
Pour les patients qui ne peuvent pas recevoir le cisplatine, l'essai montre un bénéfice sur la récidive et la survie avec le premier schéma, au prix d'effets indésirables graves plus fréquents. Rien n'est encore approuvé pour cet usage.
ET APRÈS ?
- 1
La FDA a accordé une revue prioritaire au dossier du durvalumab avec l'enfortumab vedotin, avec une décision attendue au quatrième trimestre 2026 (Targeted Oncology)
- 2
Le suivi de survie globale du triplet se poursuit
