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3 · ÉTUDE

Médicaments GLP-1 : plus de décollement des ongles et de chute de cheveux déclarés dans une enquête, sans preuve de cause

Mardi 6 octobre 2026 · 4 sources · 13 min de lecture

Un stylo injecteur d'Ozempic (sémaglutide)
Un stylo injecteur d'Ozempic (sémaglutide)© HualinXMN · CC BY-SA 4.0

39 %

décollement des ongles chez les utilisateurs

9 %

chez les non- utilisateurs

1 904

participants (575 + 1 329)

CE QUI S'EST PASSÉ

Le 1er octobre 2026, au congrès de l'Académie européenne de dermatologie et de vénéréologie (EADV) à Vienne, une équipe dirigée notamment par le Dr Charles Taïeb (hôpital Necker, Paris) a présenté une enquête menée en France, aux États-Unis, au Brésil et au Mexique. Elle compare 575 personnes utilisant pour la première fois un médicament de la classe GLP-1 (comme le sémaglutide ou le tirzépatide) et 1 329 personnes diabétiques ou obèses qui n'en avaient jamais pris. Un décollement de l'ongle est déclaré par 39 % des utilisateurs contre 9 % des non-utilisateurs ; dans une étude parallèle sur les cheveux, une chute après le début du traitement est rapportée par 26 % contre 12 %. Les écarts persistent chez les participants qui ont perdu du poids. Les auteurs soulignent que ces données ne prouvent pas que le médicament en soit la cause.

L'ÉCLAIRAGE

Qu'est-ce qu'une enquête déclarative, et que vaut-elle ?

Les médicaments GLP-1 imitent une hormone digestive ; on les prescrit contre le diabète de type 2 et l'obésité. Une enquête déclarative demande aux participants de rapporter eux-mêmes leurs symptômes : elle permet de repérer un signal rapidement, mais les souvenirs varient et les groupes comparés ne sont pas identiques. Ici, environ la moitié des utilisateurs signalaient déjà des problèmes d'ongles avant le traitement, et la prise en compte de maladies de la peau ou de carences nutritionnelles a atténué certains écarts, selon Medical Economics. Corrélation n'est pas causalité : un signal comme celui-ci appelle des études plus solides avant toute conclusion. En cas de changement des ongles ou des cheveux, c'est un point à aborder avec son médecin, sans arrêter un traitement de sa propre initiative. « Until now, nail changes associated with GLP-1 therapies had essentially been anecdotal » (« Jusqu'ici, les changements des ongles associés aux traitements GLP-1 étaient essentiellement anecdotiques »). Il ajoute : « not everything that happens during GLP-1 treatment is necessarily caused by the treatment itself » (« tout ce qui survient pendant un traitement GLP-1 n'est pas nécessairement causé par le traitement lui-même »). « Cela suggère que ce qui se passe au niveau du cuir chevelu pourrait aller au-delà de la chute classique observée après une perte de poids rapide et impliquer une composante inflammatoire »

LES POINTS DE VUE

CE QUE ÇA CHANGE

Aujourd'hui, rien ne justifie de modifier un traitement : l'enquête signale une association à explorer, pas un effet démontré. Pour les soignants, c'est une piste pour mieux interroger les patients sur leurs ongles et leur cuir chevelu.

ET APRÈS ?

  1. 1

    Publication complète après relecture par des pairs, puis études avec des groupes comparables suivis dans le temps

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